Débat ouvert au public à l’issue de l’AG du CFHA : l’histoire de l’art face à son éco-responsabilité
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE 2023
Samedi 21 janvier 2023
Salle Vasari, 16h15-18h
Débat ouvert au public
L’Histoire de l’art face à son éco-responsabilité
Modéré par Laurence Isnard,
avec Jean-Louis Cohen (sous réserve), Bruno Girveau et Estelle Zhong Mengual
La prise en compte des contraintes naturelles est ancienne dans l’histoire de la création artistique et de son enseignement. Cependant, à cause du réchauffement climatique, les rapports entre l’histoire de l’art ou le patrimoine et la nécessité d’assurer la survie de la planète sont devenus d’actualité : les dernières journées du patrimoine portait les enjeux d’avenir du patrimoine durable ; presque quotidiennement les informations signalent une action d’éclat médiatique sur une œuvre d’art au sein d’un musée pour sensibiliser au sort de la planète.
Il s’agira moins dans cette table ronde de citer les nombreuses actions déjà menées que de discuter des actions qui pourraient être menées pour mieux agir. Comment l’histoire de l’art et les institutions patrimoniales peuvent sensibiliser au sort de la planète, en allant de l’enseignement (montrer qu’il s’agit d’un problème qui s’inscrit dans le temps et qui a suscité différentes réponses, dans l’architecture par exemple) aux expositions ou aux visites de monuments.
Biographies :
Conservatrice en chef du patrimoine et agrégée de sciences de la vie et de la Terre, Laurence Isnard est actuellement cheffe du bureau des acquisitions, de la restauration, de la conservation préventive et de la recherche au Service des musées de France, ministère de la Culture. Dans ses précédentes fonctions, elle a participé, au Muséum national d’Histoire naturelle à la rénovation du Musée de l’Homme puis a été conseillère pour les musées au sein de la direction régionale des affaires culturelle d’Ile-de-France. Elle rejoindra prochainement l’Institut Pasteur pour piloter la rénovation du musée
Architecte et historien, Jean-Louis Cohen est professeur à l’Institute of Fine Arts de New York University. Entre 1998 et 2003, il a imaginé et préfiguré la Cité de l’architecture et du patrimoine. Il a publié plus de quarante ouvrages parmi lesquels : Frank Gehry ; Catalogue Raisonné of the Drawings ; vol. 1, 1954-1978, Paris, Cahiers d’Art, 2020. Construire un nouveau Nouveau Monde ; l’amerikanizm dans l’architecture russe, Montréal, Centre canadien d’architecture, Paris, Éditions de la Villette, 2020. L’Architecture au XXe siècle en France ; modernité et continuité (Paris, 2014) ; Le Corbusier : an Atlas of Modern Landscapes (New York, 2013); L’Architecture au futur ; depuis 1889 (Londres, 2012); et Architecture en uniforme (Paris, 2011).
Bruno Girveau est conservateur général du patrimoine et directeur du Palais des beaux-arts et du Musée de l’Hospice Comtesse de Lille depuis mars 2013, Historien de l’architecture de spécialité, il a été le commissaire de nombreuses expositions, dont la dernière « La Forêt magique » (2022) au Palais des Beaux-Arts de Lille, mêlait histoire de l’art et écologie. Il a engagé fortement le PBA dans une démarche d’éco-responsabilité, tant dans la médiation autour des collections que dans les modes de production du musée.
Normalienne et titulaire d’un doctorat de Sciences Po Paris, Estelle Zhong Mengual est responsable de la chaire « Habiter le Paysage » aux Beaux-Arts de Paris et enseigne dans le Master d’Expérimentation en Art et Politique (SPEAP), créé par Bruno Latour, à Sciences Po Paris. Ses recherches actuelles portent sur les relations que l’art, passé et présent, entretient avec le monde vivant. Elle travaille notamment à l’élaboration d’une histoire environnementale de l’art, qui propose un nouveau régime d’attention à la représentation du vivant dans l’art, à partir des outils des humanités environnementales et des sciences naturelles les plus contemporaines. Elle est l’auteure de nombreux livres, dont Apprendre à voir. Le point de vue du vivant (Actes Sud, 2021), prix EcoloObs pour le meilleur essai en pensée environnementale de l’année 2021, et Peindre au corps à corps. Les fleurs et Georgia O’Keeffe (Actes Sud, 2022).

Après des études de droit public et d’histoire de l’art, Maeva Abillard a débuté son parcours professionnel comme responsable du château-musée de Nemours, puis comme chargée des dessins et des photographies au musée Rodin. Après la réussite au concours de conservateur, elle intègre le Service des musées de France/Ministère de la Culture comme référente pour les musées de Beaux-Arts XIXe siècle au sein du Bureau des réseaux territoriaux. Actuellement conservatrice en chef du musée national Jean-Jacques Henner, elle a été co-commissaire, en partenariat avec les musées de la ville de Strasbourg, de deux expositions à l’automne 2021 : la première rétrospective consacrée à l’artiste au musée des Beaux-Arts de Strasbourg Jean-Jacques Henner. La Chair et l’Idéal et une exposition intitulée Alsace. Rêver la province perdue. 1871-1914 au musée Henner. Ses champs d‘étude concernent la peinture et les arts graphiques au XIXe siècle, particulièrement la matérialité des supports, ainsi que la formation des artistes.
Aude Gobet dirige le service d’étude et de documentation du département des peintures du musée du Louvre depuis 2015. Après avoir soutenu sa thèse de doctorat en 2007 : « Une solidarité artistique au XVIIIe siècle. Artistes et académiciens à Rouen au temps de Jean-Baptiste Descamps (1715-1791)» à l’Université de Paris I-Panthéon Sorbonne, elle poursuit ses recherches sur la sociabilité savante et les réseaux artistiques au siècle des Lumières. Pensionnaire de l’Académie de France en 2009-2010, ses recherches portent sur les élèves des écoles françaises de dessin présents à Rome dans la deuxième moitié du XVIIIème siècle, autour du Palazzo Mancini. Parallèlement elle assure, sous la direction de Pierre Rosenberg, le commissariat de l’exposition du musée des Beaux-Arts de Lyon « Louis Cretey. Un visionnaire entre Lyon et Rome » (2010-2011).
Titulaire d’un diplôme de recherches approfondies de l’École du Louvre (2004) et d’une thèse en histoire de l’art contemporain (Paris IV-Sorbonne, 2008) publiée en 2014 (La Peinture d’histoire en France, 1860-1900 : la lyre ou le poignard), Pierre Sérié est depuis 2010 maître de conférences en histoire de l’art contemporain à l’université Clermont-Auvergne. L’obtention d’un fellowship d’un trimestre à Yale University (bourse Focillon, automne 2013) lui a permis d’engager une réflexion sur les phénomènes de résistance à la modernité artistique dans les démocraties libérales de la seconde moitié du XIXe siècle à la crise de 1929, en particulier dans le monde anglo-américain. Cette recherche pour laquelle il a ensuite bénéficié d’une bourse Chastel à l’Académie de France à Rome (Villa Médicis, mai-juin 2018) constituait l’inédit de sa thèse d’habilitation soutenue à l’université Clermont-Auvergne en juillet 2021 (Résistances à l’idée d’art moderne dans la peinture : Paris, Londres, New York, 1848-1931).
Chargé de valorisation du patrimoine au Musée de l’Armée à Paris depuis 2021, Sébastien Bontemps est diplômé de l’École du Louvre et a soutenu une thèse sur le décor sculpté religieux à Paris (1660-1760) à l’Université Aix-Marseille sous la direction de M. Olivier Bonfait (2012). Ancien lauréat de la Bourse Daniel Arasse à la Villa Médicis (2009), il a travaillé plusieurs années à l’INHA pour la base de données AGORHA (2007-2010). ATER pendant deux ans à l’Université Aix-Marseille (2011-2013) puis boursier au Centre allemand d’histoire de l’art à Paris (2013-2014), il a enseigné dans huit établissements d’enseignement supérieur. Chercheur invité à la BnF (2016-2017), il a travaillé en collaboration avec le LABEX PAsP de l’Université de Paris Nanterre, sur les vues topographiques de Paris du graveur Israël Silvestre. Lauréat d’une allocation postdoctorale Bonus Qualité Recherche (2017-2018), il a ensuite rejoint le laboratoire Lir3S de l’Université de Bourgogne pour travailler sur le sculpteur dijonnais Jean Dubois (1625-1694). Il met à présent à profit son parcours et ses compétences en travaillant à l’étude, la conservation et la mise en valeur du site des Invalides à Paris.